L’avion de mon père

Aujourd’hui, c’est une de ces journées où j’ai envie de sortir de l’ordinaire, de vivre quelque chose de différent. Éric et moi, nous décidons alors de nous rendre au tout nouveau centre aéro-récréatif ULM Québec qui est situé à 10 minutes de notre maison de campagne à St-Cuthbert. On m’avait déjà parlé de l’implantation éventuelle de ce centre dans notre secteur. De plus, des pancartes ornant les rues et les rangs du village, témoignant du désaccord de certaines personnes envers la venue d’une telle entreprise dans la municipalité, avaient attiré notre regard. Les résidents évoquaient la pollution sonore causée par les avions qui allait perturber la tranquillité des résidents et ceux-ci tentaient de faire échouer le projet. Malgré cette vigoureuse contre-campagne, l’arrivée imminente d’un tel centre ne m’a pas inquiétée outre mesure. Ayant grandi sur la rue de l’aéroport à St-Honoré, j’étais consciente qu’un petit aéroport d’avions récréatifs ne changerait pas nos vies à ce point à St-Cuthbert.

Au contraire, ces petits aéronefs ont fait partie du paysage de mon enfance. Ils ont stimulé mon imaginaire et m’ont inspiré toutes sortes de jeux autour de la thématique de l’aviation. Les avions ont aussi égayé nos sorties familiales. De temps à autres, le gros aéroport de Bagotville devait fermer pour un certain temps et notre petit aéroport de village devenait l’hôte de tous ses avions commerciaux. Mon père, amoureux des airs, nous amenait admirer cette procession. Mes sœurs et moi étions bien impressionnées. Nous regardions défiler ces « albatros géants » avec, à leur bord, tous ces gens venus d’ailleurs foulant terre chez nous.

Mon père, pour aller tout au bout de sa passion, a entrepris la formation de pilote d’avions récréatifs. Je le revois, lunettes au bout du nez, penché sur ses cahiers, épluchant sa théorie. Quelques années durant, il est même devenu copropriétaire d’un petit Cessna 120 qu’il entretenait jalousement.

Lors de mes jeux à l’extérieur, j’aimais scruter le ciel et apercevoir ces petits avions survolant nos têtes. L’un d’eux était sûrement celui de mon père, me disais-je… Je lui envoyais alors la main, certaine qu’il me voyait.

Ce matin, pendant la visite du centre ULM, ce sont tous ces beaux souvenirs qui ont refait surface. Malgré l’incommensurable somme de travail restant avant l’inauguration du centre prévue dans quelques jours, Guillaume, l’un des copropriétaires, a quand même pris le temps de nous faire une visite guidée des plus chaleureuses.

J’ai alors découvert un type d’avion que je ne connaissais pas : les ultra-légers. Ces petits avions m’ont fait penser à des parapentes ou à des deltaplanes tellement ils sont dépouillés, comme si le pilote allait être en osmose avec le ciel.

Éric et moi avons été surpris d’apprendre que le centre de St-Cuthbert est unique en son genre. Il est le seul au monde à regrouper une telle gamme de services récréotouristiques sous un même site : avions ultra-légers, piste d’atterrissage gazonnée, centre de villégiature, terrains pour le camping sauvage et d’autres aux abords de la piste, école de pilotage adaptée aux besoins des élèves, sentiers en forêt, crêperie, salle de réception, espaces dédiés aux événements corporatifs. On y retrouve même des aéro-villas en construction. Une fois terminées, ces maisons hybrides combineront une partie pour l’habitat et une autre pour accueillir l’avion : idéal pour les passionnés d’aviation qui en font un mode de vie.

J’ai pensé à tous ces jeunes qui, accompagnant leurs parents, vivraient de grands moments dans ce centre de villégiature où tout est conçu pour eux.

J’ai pensé à tous ces adultes qui auraient l’occasion de vivre leur passion du ciel.

J’ai pensé à ces campeurs qui pourraient goûter un peu de ce rêve en observant ces chevauchées de l’air tout en profitant du merveilleux site et des grands espaces. J’ai aussi pensé à nous, résidents de St-Cuthbert, qui avons la chance d’avoir ce centre à nos portes. Des emplois seront créés et des rencontres enrichissantes avec des gens venus de partout dans le monde auront lieu. J’ai pensé aux interventions sociales que les gens du centre aéro-récréatif implantent déjà dans les écoles, favorisant ainsi la persévérance scolaire grâce à l’aviation. J’ai pensé à toutes ces fêtes et grandes occasions qui se dérouleraient sous ce toit.

De votre côté, qu’est-ce que les avions éveillent en vous ?

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