Encore des problèmes avec le maudit moteur !

On a encore un problème avec le moteur ! Depuis le début de l’été, nous ne sommes pas allés bien loin. « Le moteur a besoin d’une pièce. On va la commander, ça devrait arriver au courant de la semaine… » Mais entre temps, nos vacances sont commencées !

C’est notre troisième été à voile et je suis encore stressée à cause du moteur. Il faut dire que nos débuts se sont faits sur les chapeaux de roues…

Une attache s’était rompue et une corde s’était prise dans le moteur. Nous n’avions plus de moteur au milieu du lac. Je me revois encore à cinq heure du matin, et mon chum de me dire : « Tu vas épauler le bateau avec le pneumatique. » Mais je n’avais même jamais utilisé le dinghy, encore moins poussé un voilier avec le moteur de celui-ci ! « C’est ça ou papa doit encore plonger sous le bateau et ça brasse trop, c’est dangereux ! » me répond mon fils de 15 ans.

Et puis, il y a eu la fois où l’ancre s’était accrochée au fond et où je devais faire tourner le bateau sur lui-même pour que celle-ci se déprenne. De la barre, je voyais mon chum et mon fils penchés à l’avant du pont, comme s’ils allaient tomber.

Une autre fois, nous sommes restés pris au fond… Et la nuit où l’ancre du bateau n’avait pas tenu et où le voilier se dirigeait en pleine rive est aussi mémorable.

Aujourd’hui, quand le moteur s’est mis à faire un bruit étrange à la suite d’une autre réparation et que nous avons dû retourner à notre ancrage à la marina, c’est à toutes ces moments que je pensais.

« C’est pas cool, on n’a pas de plaisir ! On passe plus de temps à faire des réparations qu’on en passe à faire de la voile ! » Dis-je à mon chum.

« Est-ce qu’on vend le bateau ? » Silence….

Et puis, on est là, il fait soleil, on se baigne. On mange dehors, c’est bon. Mon chum est près de moi. Il ne peut aller nulle part. On parle, on parle. Comme il a de la jasette sur le voilier, mon chum! Nous sommes sans télévision, sans Internet, sans travail; juste nous deux sur le lac Champlain à regarder devant. On admire l’eau, les autres voiliers, les Adirondacks en toile de fond. Ça berce, c’est calme. On se couche tôt, collés, collés.

Mon chum de me dire, avant de s’endormir : « Tu sais, on aurait fait la même chose un peu plus loin sur le lac… »

Et moi de répondre : « Oui, oui, c’est normal des petits problèmes de moteur… Bonne nuit ! »

Êtes-vous toujours passionné de voile malgré les aventures, le travail et l’entretien qu’un voilier exige ?