Maintenant, j’adore l’odeur du souffre

Quand on a acheté notre chalet, mon chum m’a dit : « Je ne veux pas de l’eau qui sente le pet ». J’étais d’accord avec lui. C’est vrai que ça pue!

À la première guest house où ma sœur et moi sommes arrivées en Islande, la dame nous a expliqué que, lorsque nous irions prendre notre douche avec de l’eau chaude, il y aurait une petite odeur de souffre. C’est normal, car l’eau chaude vient de geysers et ceux-ci contiennent du souffre. « Ouach », me dis-je, « c’est pas vrai ! Je suis tombée sur le pays de l’eau qui pue ! »

Je prends ma première douche. Effectivement, ça ne sent pas bon. Je hais cette odeur. Je prends donc une petite douche rapide parce que ça pue et que je veux économiser l’eau chaude…

À la guest house suivante, c’est le même principe. Je remarque que les Islandais chauffent leur maison même en été. C’est vrai qu’il ne fait que 12 degrés, mais je remarque qu’ils laissent parfois les fenêtres ouvertes. Je m’en étonne : « Ils chauffent l’extérieur ? »  J’en parle à notre hôte, Yuksi. Il me répond :

« -Oui, c’est pour faire un peu d’air.

-Oui, mais vous chauffez ?

-Oui, c’est pour que ça soit confortable.

-Mais vous dépensez de l’argent pour rien en chauffage ?

-Mais non , ça ne coûte presque rien, l’eau chaude, ici. Tout est chauffé ainsi. L’eau vient des geysers. Elle est déjà chaude. On ne paye que pour la transporter et l’amener à notre maison. C’est une ressource naturelle.

-Tu veux dire que je peux prendre une longue douche et que ce n’est pas grave ?

-Bien sûr, pas de problème, prends ta douche aussi longtemps que tu veux. »

Je commence à moins détester cette odeur. Au moins, je peux prendre une loooongue douche sans me sentir coupable.

Premier arrêt de la journée : le geyser de Strokkur. Un grand cercle doré au sol, devant lequel des gens se tiennent immobiles, caméra au poing. Étrange… On regarde autour pour voir s’il n’y a pas autre chose à voir. On parle un peu en regardant ailleurs. Soudain, un bruit immense se fait entendre ! Explosions d’eau chaude qui nous retombe sur la tête ! Les gens rient et applaudissent. Clic clic clic, font les appareils photos ! Ah, c’est ça qu’ils attendaient ! Je ris, fascinée. Je suis comme une enfant qui vient de faire une découverte. Ah, ça existe, ça ? C’est vrai, c’est ça que ça veut dire, un geyser, mais le vivre, c’est quelque chose, wow ! Je ris à gorge déployée. Et… Ça sent le souffre à plein nez !

 

Nous sommes là, avec nos caméras, à attendre que le geyser recommence. On ne bouge pas. On joue à la statue, les caméras fin prêtes. Il se fait attendre… Il ne va pas venir à nouveau… On lâche prise, on va aller voir ailleurs. Plouf !!!! Le voilà qui explose à nouveau. L’eau chaude pleut sur nos têtes. C’est extraordinaire : une telle détonation, une telle puissance, une telle joie! Ça sent bon ! J’adore l’odeur du souffre !

De votre côté, avez-vous déjà changé d’opinion à propos de quelque chose grâce à une nouvelle expérience positive ?

 

Pour le voir en action :

 

 

Liane Simard

Il y a plusieurs années, j’ai écouté un reportage à la radio qui expliquait comment de nouvelles façons d’organiser le travail allaient se développer dans le futur. Grâce à Internet, les gens ne seraient plus forcés d’être cloués à leur bureau pour travailler. De nouveaux nomades parcourent le monde munis de leur ordinateur portable et de leur téléphone cellulaire, travaillant ainsi d’un peu partout dans le monde. Cette idée m’avait beaucoup séduite, mais le tourbillon de ma vie de coach d’acteurs sur les plateaux de télé et de maman battait alors son plein… Quelques années plus tard, j’ai commencé à m’intéresser aux maisons autonomes off the grid et au concept de l’autonomie alimentaire. Ayant toujours été travailleure autonome et, plus récemment, entrepreneure, cette idée d’autonomie quasi complète a trouvé écho en moi. J’ai eu envie d’avoir ma tiny house, nichée sur son petit coin de terre et d’y faire pousser des légumes. J’ai ensuite découvert la voile, sorte de petite maison autonome qui peut parcourir le monde. Ce blogue est le premier pas vers la concrétisation de ces idées et de ce mode de vie.

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