Se déconnecter en Islande

Au mois de février, en pleine période d’incertitude par rapport au nombre d’élèves inscrits à mes cours, ma sœur m’envoie une photo d’un cheval devant une montagne avec la note suivante : « J’ai envie d’aller me perdre là avec toi… »

Elle sait comment me prendre, ma sœur, car elle est au courant que j’adore les chevaux.  Sans réfléchir, je dis: « Allons-y! » Il y a longtemps que je veux voyager avec elle et voilà l’occasion qui se présente. Allons-y avant d’être malades parce que, je l’avoue, j’ai la chienne d’avoir le cancer comme mon amie Lyne, morte cette année. Allons-y avant d’être trop vieilles. Allons-y, car ça suffit de seulement travailler.  Allons-y pour remplir la marge de crédit !

Ça y est ! Le jour J est enfin arrivé. Je revois avec mon assistante tout ce qu’il y a à régler pendant mon absence. J’envoie quelques courriels et fais quelques achats pour le bureau. En tant qu’entrepreneure, il y a toujours quelque chose à faire…

Première étape pour décrocher : Je laisse mon téléphone à mon assistante. C’est elle qui va prendre mes appels et faire le retour des messages et des textos pendant mon absence.  C’est difficile à avouer, mais j’ai du mal à lui laisser mon cellulaire. Je ne sais pas, je ressens comme une espèce de manque, c’est une habitude qu’on délaisse. J’abandonne quelque chose qui vient combler un vide, un malaise ? Quoi ? Est-ce comme un « cordon ombilical » qui me rattache aux autres ?  Est-ce une fausse façon de penser de se dire que si on a des textos, des messages, des « likes », on est aimé ? Il y a quelque chose qui crée une dépendance au téléphone cellulaire. Il n’est pas étonnant qu’on ait tous ça à la main…

Deuxième étape de ma « thérapie » : Je me déconnecte complètement. Je vais porter mon ordinateur à la boutique pour le faire réparer. Je sors du magasin et mes jambes tremblent… J’ai honte. Suis-je incapable de me séparer de mes appareils électroniques ?

Ouf, je suis en vacances ! Une certaine anxiété monte alors en moi. Suis-je dépendante au travail, une workaholic ? Quel genre de fille suis-je ? Tout le monde rêve de partir en Islande et moi je tremble et je fais de l’anxiété à l’idée d’être en vacances.

Il faut que je me calme. Ah oui, c’est vrai, je vais documenter mon voyage pour le blogue, je vais prendre des photos, faire des clips. C’est vrai, je n’y vais pas seulement pour le plaisir, pas juste pour moi. J’y vais pour le travail ! Oui, oui, c’est ça, on respire…

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De votre côté, seriez-vous capable de décrocher de votre travail, de vous déconnecter complètement, de vous retrouver sans cellulaire, ni ordinateur, ni Internet pendant 10 jours ?

    

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Liane Simard